Le « Dropshipping » : une arnaque qui fonctionne

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Ce système de vente désigne l’absence de stock d’une entreprise, elle fait alors la passerelle entre le client et le fournisseur en multipliant les profits et en limitant les investissements nécessaires. Cette pratique, bien que légale, connaît de nombreuses dérives qui se développent notamment sur les réseaux sociaux. Même si elle est perçue d’une façon de plus en plus négative par l’opinion publique, les signalements faits à la Répression des fraudes (DGCCRF) n’ont cessé de croître depuis la crise sanitaire.


Le « dropshipping », traduit par « livraison directe » en français, est une pratique légale sous certaines conditions. Cependant, cette pratique s’accompagne bien souvent de nombreuses dérives, qui la rendent controversée voire illégale. L’essor du dropshipping, et plus particulièrement la place des réseaux sociaux dans les dérives de ce mode de vente, a mis l’accent sur le manque de cadre réglementaire autour de la pratique.
Elle attire cependant beaucoup les nouveaux entrepreneurs. L’administration française de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, rattachée au ministère de l’Économie des finances et de la relance (DGCCRF), désigne le dropshipping comme une pratique de e-commerce ne nécessitant qu’un faible investissement de la part du vendeur. Celui-ci s’occupe de la commercialisation et de la vente du produit, mais ne possède pas de stock et ne gère pas la logistique qui va avec. La réglementation n’interdit pas cette pratique, qui est considérée comme un véritable modèle économique, mais l’encadre par diverses obligations que doivent respecter les vendeurs. Parmi ces obligations, l’article L.221-5 du Code de la consommation encadre la communication faite au consommateur, des informations doivent apparaître dans un français clair, lisible, et compréhensible. Pourtant, le reproche fait à cette pratique, c’est l’arnaque sur la qualité du produit et à la non-transparence de sa provenance sur les sites des vendeurs.

Les réseaux sociaux jouent un grand rôle dans la pratique du dropshipping, et plus particulièrement dans les dérives liées à celle-ci. Les influenceurs de différents réseaux sociaux, tels que Instagram ou Snapchat, sont rémunérés par les vendeurs afin de promouvoir ces produits auprès de leur communauté. La promotion est souvent mensongère sur la qualité et la provenance des produits, qui sont issus de sites de commerce en ligne spécialisés dans la vente de produits à bas prix tels qu’AliExpress. Ils sont revendus plusieurs fois leur prix initial. Les importantes communautés des influenceurs, qui comprennent souvent des membres jeunes, sont attrayantes pour les vendeurs qui jouent sur la confiance des consommateurs en leurs influenceurs. L’étendue de leur communauté permet de vendre des produits de qualité médiocre, parfois issue de contrefaçon qui peuvent même s’avérer dangereux pour la santé. Afin de pousser le client à la consommation, ils présentent des produits soldés avec des comptes à rebours mis en valeur, et précisent parfois que l’achat de produits soldés ne permet pas de retour. Sur ces sites présentés comme vendeurs de bonnes affaires, beaucoup d’informations légales manquent.

La crise sanitaire a accéléré l’utilisation de ce système et plus particulièrement de ses dérives liées à des pratiques commerciales abusives pour une maximisation du profit. La croissance du nombre de signalement de fraudes sur internet a alerté la DGCCRF. Depuis le 1er Juillet 2021 de nouvelles règles fiscales encadrent le e-commerce et le dropshipping. Le principe de “vente à distance de biens importés” entre dans le Code Général des impôts, le vendeur devra déclarer fiscalement ses activités et s’acquitter de la TVA à l’importation de pays tiers et à destination de l’Union Européenne. Cette mesure a pour objectif de lutter contre les fraudes, en effet, auparavant les dropshippers bénéficiaient d’un traitement fiscal préférentiel. Ces nouvelles réglementations devraient avoir un impact significatif sur le dropshipping.