Arles 2021, de si belles Rencontres

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Entre images datant des années 30 et présentations de nouvelles techniques photographiques, Arles et ses Rencontres de l’été 2021 naviguent à travers le temps, les époques, et la géographie.

Chaque été depuis 50 ans (2020 exclu), Arles accueille entre ses murs les Rencontres Internationales de la Photographie. Étalées à travers la ville en une vingtaine de lieux différents, ce sont près de 40 expositions qui sont à découvrir de début juillet à la fin septembre. Reconnues internationalement, Arles et ses Rencontres offrent des « regards multiples sur le monde » et emmènent leurs visiteurs « à la croisée des pratiques » photographiques, comme l’explique Christoph Wiesner, directeur du festival.

Comment retranscrire à l’image ou à l’écrit un festival qui s’étend sur une ville entière et qui expose un si grand nombre de photographes, traitant tous de sujets différents ? Il est vrai, cet exercice n’est pas chose facile. Mais tout est dans le nom : les Rencontres d’Arles. En un seul et même lieu, vous rencontrez le bout du monde, vous rencontrez des époques, le passé et le futur, vous rencontrez des photographes, et surtout vous rencontrez une ville où aucune porte ne reste fermée.   

Avec plus de 145 000 visiteurs en 2019, ce n’est pas pour autant un festival bondé du début à la fin. S’étendant du 4 juillet au 28 septembre, ce sont les deux premières semaines qui accueillent le plus de visiteurs. Et pour cause : le public peut enfin rencontrer les photographes exposés. Pour l’édition 2021, Sabine Weiss, Jean-Luc Bertini, Sebastien Lifshitz et tant d’autres noms d’illustres artistes ont fait le déplacement jusque dans cette ville historique des Bouches-du-Rhône. Lors de cette semaine d’ouverture, en plus des expositions, les soirées sont rythmées par des projections nocturnes, concerts et autres performances au théâtre antique de la ville.

« Se tourner vers l’autre, vers des horizons lointains ». A l’image de l’exposition « Thawara ! Revolution ! », traitant du soulèvement populaire qui a débuté au Soudan fin 2018 et entraîné la chute d’Omar Al-Bashir en avril 2019, la ville d’Arles offre à ses visiteurs une promenade autour du monde, et les fait plonger en Chine, en Turquie, aux États-Unis, puis revenir en France avant de repartir au Chili… Étude photographique autour des éléments naturels qui ornent la vallée de Wadi Qelt, située dans le désert de Judée ; portraits et paysages d’un quartier de North Omaha, dans le Nebraska ; clichés du ciel bleu surplombant chacun des 1078 anciens camps de concentration nazis répertoriés ; circuit photographique autour de la Méditerranée en suivant l’itinéraire mythologique du voyage d’Ulysse… Arles invite au voyage et offre une fenêtre sur le monde incomparable. Certains trouveront ici la définition de la Photographie…

Les Rencontres Internationales de la Photographie sont un lieu de découverte de la création contemporaine et promeuvent sans cesse les nouvelles pratiques photographiques. A l’image de l’exposition Les Habitants, qui dévoile un photographe, Jonas Kamm, dont le travail mélange sculpture, photographie, peinture et effets numériques, ce festival réunit nombre d’artistes aux pratiques photographiques singulières méritant d’être dévoilées. Tout comme Kamm, les Rencontres d’Arles mêlent le traditionnel avec le contemporain, les anciennes pépites avec les nouvelles. Ce festival navigue à travers les époques, et commence par son exposition Orient-Express & Cie, où les curieux peuvent découvrir des photos d’archives de ce train mythique, l’Orient-Express, datant de la fin du XIXe siècle. Il y en a pour tous les goûts, toutes les époques. Sabine Weiss, reconnue comme la dernière représentante de l’école humaniste française, offre une rétrospective inédite jusqu’au cœur des années 30, époque de son enfance.

Arles puise dans les plus grands artistes mondiaux, fait un petit retour dans le temps avant de dénicher les talents de demain, et recrache ses merveilles partout dans la ville.

« Les lieux choisis pour le festival cette année offriront autant de scènes que d’atmosphères différentes, en résonnance avec la diversité de la programmation » écrit Christoph Weisner. Arles a investi cet été 18 lieux différents éparpillés dans la ville. Et cette dernière n’a pas fait les choses à moitié : l’église Sainte-Anne accueille l’exposition « The New Black Vanguard », de nombreuses photos maquillent les murs de la célèbre cathédrale Sainte Tropisme, certains bâtiments industriels du XIXe siècle se sont également transformés en lieu d’exposition quand le Monoprix de la ville en héberge plusieurs dites « multi-sensorielles ». Il y en a pour tout le monde : il suffit de s’enfoncer dans les rues, et mettre à l’œuvre son regard curieux. C’est la plus belle façon de rencontrer cette ville mythique, surnommée la « Petite Rome des Gaules »…

Le directeur du festival le promet : « Au cœur de l’été Arlésien, cette année sera comme une constellation, faite de mille-feux illustrant la diversité des regards, la polyphonie des récits et symbolisant la survivance à travers l’image des espoirs et des prises de conscience. »